Le défi de la croissance

Alors qu’elle avait déjà doublé au cours du siècle précédent, la population du village va plus que quadrupler durant le XIXe siècle, pour passer de 800 âmes à près de 3400. Le moteur de cette croissance est évidemment la montre chinoise, mais d’autres industries y contribuent également. Ainsi, le village abritera-t-il une fabrique de gants, une production d’allumettes et de nombreuses distilleries d’absinthe. Quant au secteur touristique, il vit son heure de gloire. En 1900, le village compte pas moins de 10 hôtels pour un total de 400 chambres.

La croissance rapide de la population constitue un défi en termes d’infrastructures collectives. Hôpital, écoles, gare ferroviaire et réseau d’éclairage au gaz feront leur apparition durant la seconde moitié du XIXe siècle. Les quartiers d’habitation se développent très rapidement pour loger les nouveaux arrivants, venus de Suisse et d’ailleurs.

Une place centrale

La place du marché est au cœur du village. Au sud, le vieux village est bâti sur les terres les plus ensoleillées. Dès le début du XIXe siècle, de belles demeures sont construites à l’est, le long de la rue du Temple, sur la route qui conduit à Môtiers. Pour absorber le boom démographique, le village va ensuite s’étendre en direction du nord. Des quartiers d’habitation en damier sont construits jusqu’à atteindre le niveau de la gare. La ligne ferroviaire sera franchie au tournant du XXe siècle, avec l’implantation de nouveaux quartiers de forte densité, intégrant «à la ligne» habitations, écoles et fabriques.