A l’effigie de la jeune République, fière et volontaire

La montre du tir cantonal neuchâtelois, Fleurier 1902

Hier pratique militaire, aujourd’hui compétition sportive, le tir est une tradition typiquement suisse devenue sport national. Bénéficiant du souffle républicain, le premier tir cantonal organisé en terre neuchâteloise a lieu en 1849 et les années qui suivent la Révolution voient fleurir les sociétés de tir.

A l’occasion de ces grands rassemblements patriotiques sont produits des objets destinés à en commémorer le souvenir de même qu’à récompenser les valeureux tireurs: coupes et médailles mais aussi montres et pendules.

Conservée dans son écrin d’origine au Musée régional du Val-de-Travers et munie d’un bulletin de marche, la montre de poche réalisée pour le premier tir cantonal du 20e siècle nous réserve une surprise. Son fabricant est anglais, comme l’indique la signature apposée sur le cadran d’émail blanc: «Lees & Co. Fleurier», maison fondée par Thomas Lees en 1845. Sur le pourtour de la lunette s’étale en lettres capitales Art nouveau l’inscription «Tir cantonal neuchâtelois Fleurier 1902», tandis que le fond du boîtier en argent est orné d’une jeune femme en buste, déterminée, la tête ceinte d’une couronne de lauriers et auréolée de l’exhortation «Sur toi Veillons»: la République neuchâteloise.

Par Ariane Maradan