Anne-Marie Moser, créatrice de montres

Créer des objets horlogers dans l’esprit de la marque Parmigiani Fleurier, tout en innovant, c’est à ce difficile équilibre qu’Anne-Marie travaille constamment.

Dès qu’une nouvelle montre est définie en taille, en indications, en style, Anne-Marie planche. Il s’agit pour elle d’intégrer un nouvel objet dans la lignée de la marque en reprenant le «vocabulaire esthétique», en inscrivant cette nouvelle montre dans l’ensemble déjà existant. Elle doit proposer un modèle qui fera corps avec les précédents, tout en offrant -art complexe- un plus, une évolution, du neuf.

Avec des crayons et à l’aide de l’outil informatique, elle laisse aller son imagination en multipliant les esquisses. Ignorant volontairement les difficultés techniques et le coût de fabrication, elle crée, mettant petit à petit ses idées au net.

«C’est plus un défi qu’une contrainte de faire du design dans l’esprit de la marque en dépassant le déjà-vu, le déjà-fait chez nous ou ailleurs» insiste-t-elle. Innover et bousculer les limites du faisable sont des choses qu’elle vit chaque jour avec grand plaisir et intérêt.

Oui, cette perpétuelle volonté de mettre en forme du neuf lui est essentielle car «sinon on en serait encore à la montre de poche» répètet-elle.

Anne-Marie nourrit sa curiosité, sa soif de voir et d’apprendre par des expositions, des livres, des échanges avec les artisans. Et des idées lui viennent à tout moment, passant ensuite au tamis du dessin pour, parfois, se retrouver sur une nouvelle montre.

Le fait d’être dans une petite équipe de création lui permet d’échanger, de collaborer et c’est ainsi que les projets mûrissent. Et elle souligne qu’autour d’elle, dans la manufacture et avec les artisans spécialisés, ne manquent pas les personnes qui concrétiseront les défis de fabrication qu’elle leur lance.

Par Benoît Conrath