Charles-Edouard Guillaume

Une vie au service de la métrologie et de la précision

Homme de science et de culture, lauréat du prix Nobel de physique une année avant son pair Albert Einstein, le savant fleurisan a marqué de son empreinte sereine le monde de la physique mais également celui de la chronométrie.

Fils et petit-fils d’horloger, Charles-Edouard Guillaume naît le 15 février 1861 à Fleurier. Après des études à Neuchâtel puis l’obtention d’un diplôme à l’Ecole polytechnique fédérale de Zürich, il est engagé en 1883 par le Bureau international des poids et mesures, à Sèvres en France. Il y mène une brillantissime carrière de physicien, occupant différents postes parmi lesquels celui de directeur durant plus de vingt ans.

Chercheur inépuisable, Guillaume se spécialise dans l’étude des ferronickels. La plus extraordinaire de ses découvertes, réalisée en 1896, est l’invar, un alliage de fer et de nickel présentant un cœfficient de dilatation pratiquement invariable. Elle est suivie une vingtaine d’années plus tard par celle de l’élinvar, constitué de fer, nickel et chrome, qui offre, lui, un cœfficient d’élasticité quasiment nul. Leur application dans le domaine de la mesure du temps (pendule, spiral compensateur et balancier intégral ou «balancier Guillaume») représentera un apport remarquable à l’industrie horlogère si chère au Vallonnier exilé. En 1920, ses travaux de physique sont consacrés par la plus convoitée des distinctions: le Prix Nobel.

Auteur d’innombrables publications et récipiendaire des plus hauts titres, couvert de gloire et d’honneurs, le scientifique de renommée mondiale resta profondément attaché à son village natal, dans lequel il aurait souhaité finir ses jours. Décédé le 13 juin 1938 à Sèvres, il repose au cimetière de Fleurier, non loin de la maison familiale, rue du Temple 6.

Sources: François Goetz - Charles-Edouard Guillaume, physicien (1861-1938), Prix Nobel - in Biographies neuchâteloises, Editions Gilles Attinger, Hauterive 2001, tome 3.

Par Ariane Maradan