ébéniste

Cédric Vichard réalise des écrins pour l’horlogerie

« Aller au bout de ses rêves », une évidence qui a amené cet artisan à s’installer dans la grande bâtisse de la place des Halles à Couvet pour créer.

Natif de Couvet, Cédric Vichard a été séduit par le bois, sa sensualité, ses grandes variétés de nature et d’aspect et ses innombrables possibilités de finition.

À l’école de la restauration des meubles, il réalise que tous ne vieillissent pas de la même manière. Ses profonds yeux s’éclairent en évoquant la famille Funk, des ébénistes de Berne qui construisaient des commodes si judicieusement qu’elles ont toujours l’air d’être neuves.

Puis arrive le temps de l’indépendance. Là, l’homme trouve à s’activer dans l’aménagement de maisons, l’agencement de magasins et l’élaboration de meubles petits ou grands.

Le renouveau de l’horlogerie lui permet d’imaginer et de réaliser des écrins pour des marques comme Parmigiani, Voutilainen, Blancpain ou Julien Coudray.

Ces boîtes ne sont pas que l’emballage de montres de grande qualité. Par leurs étonnantes formes, leur finition soignée, le jeu des couleurs, le rendu des matières, elles mettent en scène la montre. Elles témoignent d’un ensemble précieux, reflet de l’objet horloger qu’elles contiennent.

Imaginer et concevoir d’abord, ensuite trouver les solutions pour construire, c’est avec confiance que le Covasson s’appuie sur un bon réseau d’artisans de qualité dans la région. « C’est une grande chance que de les avoir et de partager le même esprit » reconnaît-il.

Si les aides sont régionales, si le travail se fait ici, c’est du vaste monde qu’arrivent les matières dans son atelier proche de l’Areuse. Les bois précieux comme l’ébène de Macassar, le palissandre, les divers acajous, ou alors des peaux d’animaux : des cuirs de requin, de crocodile et l’improbable galuchat trouvent place dans les étagères. C’est le créateur qui saura magnifier les couleurs, les surfaces de ces étonnantes choses.

Ce galuchat, peau d’une raie de l’océan indien, arrivé brut à Couvet, va, grâce aux techniques apprises à Paris, habiller une table, un cabinet de pendule ou un écrin. Sa surface autorise une foultitude de finitions : teinté, poncé, découpé et plaqué. C’est un respectueux et beau clin d’œil de l’artisan à la nature que de la mettre en valeur sur des objets qui repartiront loin du Val-de-Travers.

Par Benoît Conrath