édouard Bovet

Un personnage haut en couleur, surnommé « Le Chinois »

Doté d’un tempérament aussi puissant que sa stature, édouard Bovet est le membre le plus célèbre de la famille de fabricants et négociants horlogers. Dite « Bovet de Chine », cette dynastie fleurisane a dominé durant plusieurs décennies le commerce de l’horlogerie suisse dans le Céleste Empire.

Fils d’horloger, né à Fleurier en 1797, édouard Bovet débarque à Canton en 1818, pour le compte d’un négociant anglais. Réalisant l’exceptionnel potentiel du marché chinois, il fonde la maison Bovet en 1822, s’associant avec ses frères Frédéric et Alphonse, établis à Londres, Gustave, demeuré à Fleurier et, plus tard, Charles. Leur stratégie commerciale comprend Fleurier où sont fabriquées les montres de poche au fameux calibre « chinois », Londres, indispensable aux échanges commerciaux et Canton, où les pièces Bovet sont négociées.

Les écrits de l’expatrié et de ses successeurs (fils et neveux) en disent long sur la difficulté de vivre et travailler au sein des factoreries de Canton, soit les concessions réservées aux commerçants occidentaux : tensions perpétuelles entre autorités chinoises et marchands étrangers, guerres de l’opium, incendies, etc.

Ayant fait fortune et procurant du travail à des centaines de Vallonniers, édouard Bovet revient à Fleurier en 1830, escorté de son jeune fils édouard-Georges (né d’une mère chinoise) et de son domestique chinois Accan, dont la présence au Val-de-Travers suscite émotion et curiosité… Ils s’installent au « Palais chinois » (actuel hôtel de ville), nouvellement construit par la famille.

Républicain fougueux, l’horloger participe à l’insurrection de 1831, qui échoue. Trouvant refuge à Besançon durant dix-sept ans, il y réorganise la fabrication de ses montres « chinoises ». Moult anecdotes existent au sujet du « Mandarin », bon vivant, bourru, provocateur et toujours prompt à dégainer ! édouard Bovet s’éteint dans son cher village natal en 1849.

Sources: Alfred Chapuis, La montre « chinoise », Attinger Frères, Neuchâtel, 1919

Par Ariane Maradan