Georges Piaget, un horloger talentueux et discret

«Faire toujours mieux que nécessaire»: pérennisée par plusieurs générations d’horlogers, la devise du fondateur de la Maison Piaget résonne aujourd’hui bien au-delà du haut plateau de La Côte-aux-Fées.

C’est aux confins du Val-de-Travers, à La Côte-aux-Fées, que naît Georges (Edouard) Piaget en 1855. Il se forme au métier d’horloger aux Bayards, auprès d’un planteur d’échappements — métier aujourd’hui disparu — et se spécialise dans la confection de l’échappement à ancre.

Renonçant à son rêve d’Amérique, le jeune artisan établit le premier de ses ateliers dans la ferme familiale en 1874, date officielle de fondation de la Maison Piaget. Mais avant déjà cette famille se consacrait à l’horlogerie, comme en témoigne la présence dans les collections Piaget de montres de poches signées de ce patronyme et datées antérieurement.

Georges Piaget épouse en 1881 Emma Bünzli: de cette union naissent quatorze enfants dont plusieurs s’investiront dans l’atelier familial. Produisant dans un premier temps des échappements, puis des composants de mouvements, des mouvements complets et enfin des montres achevées, l’atelier évolue au fil des ans en une entreprise importante, et fournit les plus célèbres marques horlogères. Un travail d’une minutie extrême et d’une grande humilité car les pièces livrées à cette époque ne portent aucune signature: la marque Piaget ne sera déposée qu’en 1943.

L’établissement familial devient en 1911 une société en nom collectif réunissant Georges, son frère William et ses fils Edouard, John et Timothée, qui en prend la direction. Ayant perdu sa précieuse vue dix ans auparavant, Georges Piaget disparaît en 1931.

Ses successeurs s’imposeront dès le milieu des années 1950 comme les maîtres du mouvement extra-plat. Piaget connaîtra une renommée internationale, notamment avec la conception en 1960 du mouvement automatique le plus plat au monde et en se distinguant dans la création d’innovantes et luxueuses montres joaillières.

Par Ariane Maradan