La grande sonnerie neuchâteloise

Une complication dédiée à l’oreille

C’est au Val-de-Travers, au milieu du 19e siècle, que le mouvement à grande sonnerie a trouvé sa forme la plus achevée, aussi bien au niveau technique qu’esthétique, animant des pendules réalisées par les familles alliées Borel et Jeanjaquet.

Mais que signifie donc « grande sonnerie » ? L’on entend par cette appellation un mécanisme qui permet de rappeler l’heure à chaque quart d’heure, en annonçant l’heure avant de frapper le ou les quarts d’heure. Cette complication horlogère donne la prééminence à l’oreille : il est possible de connaître l’heure (tous les quarts d’heure) sans devoir suivre des yeux la course des aiguilles sur le cadran.

Né au milieu du 18e siècle, le mouvement neuchâtelois à grande sonnerie va recevoir différents perfectionnements. Le plus remarquable lui sera apporté vers 1800 : la sélection de sonnerie, une fonction que l’on trouve en particulier sur les pendulettes d’officier et sur les pendules du type de celle ici présentée.

Dans la partie supérieure de l’ovale du guichet est visible une plaque en laiton portant les inscriptions gravées « Grande Sonnerie », « Petite Sonnerie » et « Silence », ainsi qu’un levier en acier permettant d’engager manuellement le mécanisme sur la position désirée. En position « Grande Sonnerie » l’heure est donc rappelée à chaque quart d’heure sur deux gongs métalliques. La position étonnamment nommée « Petite Sonnerie », fait retentir durant 12 heures la grande sonnerie destinée à la nuit car dispensant de rallumer une chandelle pour consulter l’heure. Puis, grâce à un changement automatique s’opérant généralement entre 6h et 7h (et entre 18h et 19h), la pendule sonne les heures et les quarts sans rappel préalable de l’heure. Quant à la position « Silence », nul besoin de l’expliquer.

Bénéficiant d’une réserve de marche de 8 jours et équipée d’un réveil sur cloche en bronze, notre pendule à grande sonnerie offre également la répétition des heures et des quarts. Fonction fort appréciée elle aussi avant l’invention de l’électricité, elle s’exécute à la demande, en tirant sur un cordon parfois rallongé jusqu’à atteindre le lit…

Par Ariane Maradan