La vitrine d’un savoir-faire

Parmigiani Fleurier a toujours construit des horloges de table et compte bien continuer

Chez Parmigiani Fleurier, les horloges de table constituent une réelle activité. Fabriquées en petites séries ou en modèles uniques, elles font partie de l’identité de la marque. Le fondateur a d’emblée été séduit par ces objets bien particuliers.

En 1996, en lançant la marque qui porte son nom, Michel Parmigiani présentait déjà quatre modèles d’horloge de table. « Je tenais à perpétuer une tradition. Au 20e siècle, on a pu observer une perte de qualité à ce niveau. Les horloges de table étaient très simplifiées, parfois les mouvements laissaient à désirer. Des raccourcis ont été faits, moi je considérais que c’était une dérive. J’ai donc créé des modèles spéciaux, certains uniques, d’autres en très petites séries, pour redonner toute sa noblesse au produit ». Et si un Vallonnier est bien placé pour en parler, c’est indiscutablement lui : à ses débuts, Michel Parmigiani œuvrait surtout comme restaurateur de pendules. « J’ai restauré des pièces qui sont de véritables petites merveilles. Ensuite, j’ai pris l’initiative de ne pas oublier ce genre d’objets et de faire en sorte que ce savoir-faire spécifique se perpétue dans la maison ».

N’allez pas croire qu’il est plus aisé de travailler sur une horloge de table que sur une montre bracelet. « Les contraintes sont différentes, remarque Michel Parmigiani, mais ça n’est pas plus facile parce que c’est plus grand. À certains égards, je dirais même que ça peut être plus difficile. Ça demande beaucoup de patience, on est davantage mis à l’épreuve ». Mais le résultat est à la hauteur des efforts : « Quand la surface est plus importante, on peut se permettre de faire des décors magnifiques, de flirter avec le raffiné. Ça permet aussi de rendre la mécanique accessible à ceux qui ne sont pas horlogers, on n’a pas besoin de loupe pour tout voir ».

Michel Bourreau est spécialisé dans les horloges de table depuis qu’il est entré chez Parmigiani Fleurier, il y a quatre ans. Il confirme le côté exigeant du métier : « Il faut beaucoup d’énergie pour réaliser ces objets car tout est plus grand, ça demande plus de temps et c’est sensible. Par exemple, pour le polissage d’une tête de vis, il y a plus de précautions à prendre, le temps de travail est doublé comme la surface est plus grande. Une rayure saute aux yeux. Au moment du montage aussi, c’est délicat et sur la surface en verre, la moindre poussière est visible ». Pour autant, l’horloger s’épanouit dans son métier. « On fait un travail de prototypiste en relation avec le constructeur, nous avons beaucoup d’échanges. C’est comme un jeu, il y a un problème à résoudre et il faut trouver la solution ».

Quand on demande à Michel Parmigiani quels clients achètent des horloges de table, il répond que ce sont des personnes sensibles qui ont une culture des objets d’art et l’œil exercé. « Mais, précise-t-il, on ne peut pas dire qu’il existe un véritable marché dans ce domaine. Nous le provoquons un peu, en fabriquant, en suggérant ». C’est par exemple le cas avec un modèle pantographe, qui devrait être livré prochainement aux États-Unis. Le client, qui avait déjà acheté la montre Ovale Pantographe, cherchait un objet unique lui permettant de voir l’heure à dix mètres. Michel Parmigiani lui a donc fait la surprise de lui fabriquer une horloge de table sur le même principe que sa montre, avec les aiguilles qui s’allongent et se rétrécissent en fonction de leur position. « Le concept est simple, mais il a fallu deux ans pour mettre ça au point ».

Par Marylise Saillard