Le dessin technique

De l’importance du dessin dans l’enseignement

Aujourd’hui quasiment exclu du programme des écoles d’horlogerie, le cours de dessin technique a occupé, dès le milieu du 19e siècle et durant plus de cent ans, une place fondamentale dans la formation aux métiers de l’horlogerie.

Apprendre à regarder, analyser et reproduire en diverses projections, des composants, mouvements, outils et machines. Sous la houlette d’un professeur qualifié, l’élève commence son apprentissage à la planche à dessin en tirant des lignes. Armé de ses instruments personnels (té, règle, équerre, compas, rapporteur et tire-ligne), il poursuit avec les formes géométriques, la perspective, l’étude subtile des ombres, des différentes courbes, sans oublier l’écriture minutieuse des lettres et des chiffres.

Précédant la réalisation d’une pièce, le dessin oblige l’étudiant - maîtrisant le calcul et l’algèbre - à l’analyse des dimensions, volumes et phases de construction. Il offre une compréhension en profondeur et constitue une première étude de faisabilité. Dans le cas complexe de l’échappement, cet exercice permet de contrôler le plantage des mobiles, de définir la roue d’échappement et l’ancre en détail : la position des levées, des cornes et du dard, soit l’ensemble travaillant avec les plateaux et l’ellipse solidaires de l’axe de balancier.

Exécutées au crayon graphite ou à l’encre de Chine, les études peuvent être rehaussées de couleurs appliquées au crayon ou à l’aquarelle. Sur la feuille de papier ou le calque sont apposées des inscriptions tels titre, nom de l’école, cotes, échelle de reproduction, date de réalisation et signature de l’élève. Certains dessins techniques confinent aux œuvres d’art lorsque traits, couleurs et ombres riment avec pureté, harmonie et émotion.

Langage universel, le dessin est un puissant auxiliaire de l’enseignement en horlogerie. Il permet de coordonner l’œil et la main et de développer discipline, concentration, patience, précision et propreté, autant de qualités qui sont la base du métier.

Remerciements à Antoine Simonin et Dominique Mouret pour leurs témoignages et l’accès à leurs cartons à dessins.

Par Ariane Maradan