Le «métal dur»

Curieux terme que celui-ci, tous les métaux ne sont-ils pas durs?

Commercialisé dès 1926 par la Maison allemande Krupp, le métal dur porte bien son nom, on l’appelait « Widia » comme « wie Diamant ».

Loin des fabrications usuelles par coulée et traitements thermiques, il s’agit d’agglomérer par frittage, c’est-à-dire la compression sous de très hautes pressions, du carbure de tungstène avec du cobalt intervenant comme liant.

Comme le diamant, oui, le métal dur est très dur et très fragile. Il ne supporte pas les chocs et n’est pas souple. Il n’est pas adaptable, ni retouchable et son affûtage ne peut être effectué qu’avec des meules diamantées.

Si ce n’est une révolution, ce métal a permis une belle amélioration dans la production des pièces de montres. Cette fameuse standardisation, si ardue à garantir, se fait beaucoup plus simplement avec ces outils très chers mais qui peuvent couper, tailler, tronçonner et façonner les éléments des montres, sur les tours, fraiseuses et décolleteuses avec bien moins de retouches, d’usure et de suivi que les pauvres outils en acier carbone.

Fini les outils émoussés, qui vibraient, broutaient, pliaient et griffaient la matière !

Le burin, la fraise en métal dur sont présents, actifs ou alors cassés, hors d’usage.

Les horlogers ont pu resserrer les tolérances, les mécaniciens leur garantissant le centième de millimètre voire le micron dans les délicats ajustements des tenons, dans le chassage des pierres, dans l’ensemble des mécanismes de leurs montres.

Par Benoît Conrath