Le passé comme moteur de la création

La Maison Bovet Fleurier, c’est tout un patrimoine à entretenir

Le propriétaire de la Maison Bovet Fleurier, Pascal Raffy, revendique la haute qualité sans rechercher la quantité. Une partie du travail est réalisé au château de Môtiers.

Pascal Raffy ne parle pas de marque, ni de montres et encore moins d’ADN. Il est l’actionnaire principal d’une maison qui crée des garde-temps à l’identité claire répondant aux plus beaux critères de la haute horlogerie. Il n’y a qu’à regarder le système Amadeo®, qui a demandé sept ans de développement, pour s’en convaincre: une montre qu’on porte au poignet se transforme très simplement en une montre de table ou en une montre de poche. La bélière et la couronne situées à midi sont emblématiques.

Les activités de Bovet étaient bien ralenties du côté de Genève quand Pascal Raffy est devenu propriétaire, en 2001. «J’ai eu un véritable coup de foudre. Avec son patrimoine, ses valeurs, j’étais convaincu que cette maison devait retrouver sa place. Mais avec toutes les structures qu’il a fallu développer et les investissements concédés, ça a été du mécénat de ma part jusqu’en 2010». Les collections s’adressent presque autant aux dames qu’aux hommes et les montres, toutes mécaniques, sont essentiellement à remontage manuel. Elles sont destinées à des clients «qui font le choix de la qualité et de l’exclusivité».

L’achat du château de Môtiers à l’Etat de Neuchâtel en 2006 est lui aussi le résultat d’un coup de foudre. Cette demeure qui domine le Vallon avait appartenu à la famille Bovet et ses dimensions correspondaient aux activités envisagées: assemblage, contrôle qualité, gravure, service après-vente, gestion de la production. D’importants travaux ont été nécessaires, mais le résultat est là. Pascal Raffy y trouve l’inspiration, grâce à la nature environnante et aux montres de poche du 19e siècle qui y sont conservées. Une vingtaine de personnes y expriment leurs talents, dont une collaboratrice qui a célébré son mariage en ces lieux, lorsque le château abritait encore un restaurant avec salle de réception.

Par Marylise Saillard