Le pendulier Frédéric Jeanjaquet

Exportées en France, en Angleterre, aux états-Unis ainsi qu’au Brésil, les pendules à grande sonnerie de l’artisan Frédéric Jeanjaquet sont recherchées de nos jours encore par les amateurs de pendules neuchâteloises. Ils en apprécient le mécanisme parfaitement étudié et remarquablement exécuté : la fameuse «cadrature Jeanjaquet».

Fils du charpentier David-Frédéric et de Susanne-Henriette née Perrin, Louis-Frédéric Jeanjaquet voit le jour le 4 mars 1823 au lieu-dit La Roche-sur-Couvet. Il apprend auprès de son beau-frère Pierre-Auguste Borel le métier de pendulier, que pratiquent déjà ses deux frères.

Frédéric épouse en premières noces Julie Guye, du Petit Bayard, et en secondes Hortense-Félicie Vivot, de Franche-Comté, qui lui donnent chacune huit enfants. Plusieurs sont formés à l’art de la pendulerie par leur père, parmi lesquels Eugène (1861-1939), dernier pendulier de la dynastie Jeanjaquet.

Installé successivement à Couvet, au Locle, aux Bayards et enfin aux Verrières, apprécié et respecté de tous, cet horloger et paysan de montagne aux opinions républicaines partage son temps entre l’établi et les champs. Sa production soignée de pendules à grande sonnerie, répétition et réveil, perpétuée par ses fils, comporte des pièces dites «montagnardes», aux formes épurées plaquées de bois précieux. Le décor des modèles traditionnels est confié aux dames des familles alliées Jeanjaquet et Borel, dont Emma, fille d’Eugène, qui réalise le délicat travail de peinture et dorure des cabinets.

La maison occupée par Frédéric Jeanjaquet aux Verrières, où il s’éteint le 5 mars 1897, arborait sur l’une de ses façades un gigantesque cadran, qui n’était autre que l’enseigne de son atelier de pendulerie.

Sources Jacqueline et Pierre-Arnold Borel - Mémoires de famille écrits en 1944 par le pendulier Ami Auguste Jeanjaquet (1854-1948), 1997. Alfred Chapuis - Histoire de la Pendulerie neuchâteloise - Attinger Frères, Paris et Neuchâtel, 1917.

Par Ariane Maradan