Le secret

Un système d’ouverture

Comme son nom l’indique, il permet, par le mouvement du couvercle d’une boîte, l’accès à l’heure en toute discrétion.

Parmi les appellations des métiers horlogers, certaines amusent, d’autres laissent rêveur. Ainsi nous avons les faiseurs de secrets. Loin d’être des personnes bien intentionnées qui soulagent mystérieusement les maux chroniques, les brûlures voire d’autres blessures, ce sont d’adroits ouvriers qui confectionnent les ressorts pour l’ouverture et la fermeture des boîtes savonnettes. Ils réalisent aussi des systèmes de basculement du couvercle recouvrant le cadran sur certaines montres de dames. C’est en appuyant sur le pendant ou la couronne que le couvercle va basculer  et laisser apparaître le cadran.

Le secret, ce sont ces deux petits « guiguelets » en acier poli qui apparaissent près du pendant comme à la charnière de la boîte : l’un pour verrouiller le couvercle, l’autre pour aider à son ouverture d’un mouvement ample. Une partie de ces ressorts est visible, l’autre se loge à l’intérieur de la carrure de la montre. En acier, ils sont trempés, « revenu bleu ». Tout l’art du bon faiseur de secrets est de les proportionner puis de les armer en suffisance pour assurer une manipulation facile de la montre. Pas simple de faire cela au marteau sur le plomb. Et difficile de l’expliquer car on en fait tout un secret…

Par Benoît Conrath