Luxe, calme et créativité

Voutilainen, une entreprise où l’on prend le temps pour inventer et approcher la perfection

Loin de sa Finlande natale, Kari Voutilainen a créé sa propre entreprise à Môtiers. Il réalise des montres de luxe en petites quantités, en maîtrisant chaque étape de la fabrication.

Derrière le calme et la modestie du personnage se cache une véritable machine à inventer. La rigueur nordique de Kari Voutilainen n’a d’égale que sa créativité. A 13 ans, le jeune Kari affirme qu’il veut faire quelque chose avec ses mains et être indépendant. Le gamin de l’époque a de la suite dans les idées, du talent et une grande soif de connaissance. Il apprend l’horlogerie dans son pays natal, la Finlande, et part ensuite se perfectionner en Suisse, au WOSTEP à Neuchâtel. Il entre dans la toute jeune entreprise Parmigiani en 1990. Son désir d’indépendance ne se concrétise que douze ans plus tard.

Passionné et prévoyant, l’horloger a investi dans des machines, des tours et de l’outillage installés dans un atelier à Môtiers. Il est donc déjà équipé au moment où il décide de se lancer avec l’idée de réaliser des pièces compliquées. Il travaille d’abord seul, pendant deux ans, en faisant de la sous-traitance. En 2009, quand son entreprise a bien grandi, il installe sa famille et ses employés dans une maison de maître à Môtiers.

Son équipe est constituée de collaborateurs jeunes et polyvalents à qui il aime transmettre son savoir. Presque tous les composants utilisés sont usinés sur place. «Maîtriser toutes les étapes apporte une liberté de création», explique Kari Voutilainen. Ses clients, essentiellement des hommes, aiment savoir où sont réalisées leurs montres, par qui et de quelle manière. «Tout le contraire des grandes quantités fabriquées de façon industrielle et dont la production est délocalisée». Pour présenter ses petites séries, il s’appuie sur quatre agents, «des connaisseurs passionnés», et très peu de points de vente, en Suisse, à Paris et en Asie.

Il faut beaucoup d’argent pour s’offrir une pièce estampillée Voutilainen. Et de la patience aussi : il y a près de quatre ans d’attente. Ça tombe bien, les modèles sont intemporels.

Par Marylise Saillard