Mécanicien-outilleur

Une pièce à angler, un nouvel assemblage à réaliser, une adaptation d’outil, un posage inadapté, une fraise qui ne coupe plus, pas de problème ! Jérôme et Giuseppe sont là.

Giuseppe Napoli a le titre de mécanicien prototypiste dans l’entreprise Vaucher Manufacture.

Enfin ce n’est pas en un seul mot qu’il est possible de définir son travail. Mécanicien, c’est sûr, et le nouveau terme de «polymécanicien» qualifie bien son rôle.

Avec un parc de machines conventionnelles, tours, fraiseuses, rectifieuses, planeuses, affûteuses, entres autres, comme à l’aide de petites CNC, Giuseppe est au service de tous ceux qui s’activent dans les ateliers du Righi 2 à Fleurier. L’équipe réalise des outils, des posages, des dispositifs pour aider à la réalisation des mouvements de la manufacture, tout comme elle en assure l’entretien et le suivi : la meilleure des méthodes pour continuer d’apprendre à faire bien. Ce souci de la bienfacture est partagé par son collègue et voisin d’établi depuis longtemps, Jérôme Aussenard.

Les outils sont, soit conçus et développés par le bureau des méthodes, soit directement à la demande de collègues d’autres ateliers. Une chose est sûre, notre natif de Fleurier ne commencera à confectionner l’outil que quand il aura bien imaginé et visualisé tout le processus de fabrication. Cette manière de faire le guide depuis longtemps. Car déjà lors de son apprentissage à « la Tornos » à Fleurier, comme lors de l’examen du CFC, sa capacité d’appréhender, de comprendre le sens du métal lui a permis de se distinguer et les difficultés du chômage ne l’ont pas touché, même s’il a dû travailler sur le Littoral pour un temps.

Dans l’atelier de mécanique les apprentis profitent de son expérience. Cela a l’air si simple quand il nous assène que  « Si l’on est soigneux, une partie du travail est déjà faite ». Reste tout de même l’autre partie…

Mais là, faisons confiance à notre mécanicien lorsqu’il nous dit qu’avec les machines on travaille à l’oreille et que les manivelles des chariots parlent à ceux qui savent les faire tourner savamment. Il n’est pas âgé mais son métier a déjà bien évolué. D’abord avec la généralisation du métal dur, des outils revêtus et évidemment de la CNC. Las ! Avec cette CNC, plus de fines sensations, d’infimes réajustements, le programme doit être complet, tout cuit, car la machine admet très peu de réglages après le démarrage. Alors oui, il faut tout prévoir, mais cela permet tellement plus de choses. Faire plaisir, c’est-à-dire construire l’outil adapté, celui qui correspond aux attentes; résoudre les soucis des horlogers, avec efficacité et serviabilité, c’est vraiment la finalité du mécanicien-outilleur.

Par Benoît Conrath