Passionnément mécanicien

Régler des machines, gérer la réalisation de composants horlogers avec la ferme volonté d’apprendre toujours son métier avec passion, c’est le quotidien de Stéphane Trindade.

Mécanicien chez Chopard Manufacture à Fleurier, Stéphane Trindade est un chanceux actif. Au sortir d’un apprentissage dans l’électronique, il se reconvertit à la mécanique et apprend très vite ce métier, avec enthousiasme, volonté et rigueur. Régleur CNC dans l’atelier, il observe ceux qui savent et il gagne en autonomie, accompagné par les hommes de métiers autour de lui.

Son travail consiste à gérer des machines contrôlées par ordinateur. Par le choix des outils, leur vitesse, la succession des mouvements et des opérations, c’est lui qui adapte la machine, qui lui explique comment réaliser les pièces demandées.

Depuis huit ans chez Chopard, ayant gagné la confiance de ses supérieurs, il porte aussi des projets de mise au point de machines et de nouveaux procédés. Saisissant toutes les occasions d’apprendre, il comprend rapidement les évolutions des méthodes de travail, les nouveaux outils, les innovations sur les machines.

Loin des grandes quantités, des grosses séries, il apprécie la diversité des pièces, l’exigence de qualité qu’il doit fournir. Chaque année de nouveaux modèles viennent le bousculer et l’inciter à toujours mieux faire. «Je veux être juste» dit-il et il n’hésite pas à interpeller ses collègues, mécaniciens, techniciens et ingénieurs pour y arriver.

Son  souhait de voir autre chose  a encore été exaucé ces cinq dernières années en travaillant des métaux précieux. C’est une expérience de plus avec ces matières tendres et étonnantes à usiner. 

Et il n’a pas fini d’apprendre car il aimerait, sur le long terme, maîtriser la programmation tout en restant en contact avec les machines pour continuer d’apprécier les mouvements des montres: «Oui, quand le cadran ajouré laisse voir le mouvement et le travail fait sur les pièces, oui, là c’est beau».

Comme il le souligne, la profession manque de bras. En voyant Stéphane, vibrant d’énergie et de plaisir, on ne peut que souhaiter aux jeunes, aux apprentis, de pratiquer ainsi ce métier très varié.

Par Benoît Conrath