Pendulier-restaurateur

Dominique Mouret est établi à Sainte-Croix, derrière nos hauteurs

La restauration de pendules est exigeante, c’est une belle école de modestie.

Le restaurateur prend le temps de faire les choses et reste discret car la meilleure preuve d’un bon travail est qu’il passe inaperçu.

L’objet restauré doit être remis en état de marche sans être dénaturé, les interventions doivent se faire dans l’esprit des constructeurs avec les techniques et les matériaux de l’époque. « Une belle restauration ne se voit pas » proclame presque Dominique Mouret. On est loin de l’époque, pas si lointaine, où certains signaient pesamment leurs interventions ; où d’autres inscrivaient sur les barillets, les platines, des dates, des faits précis voire leurs états d’âme. Notre pendulier en prend connaissance, en admire certaines mais par respect de ces objets parfois multiséculaires n’en rajoute pas, n’en efface pas.

Dans son atelier, avec deux collaborateurs, dont l’un depuis 27 ans, il s’active et comme un maître d’œuvre, organise le travail. L’entretien des mécanismes sera fait sur place alors que les cabinets en bronze ou en bois, les cadrans voire des travaux plus complexes comme l’emplumage d’oiseaux mécaniques seront entrepris à l’extérieur. Là aussi il faut expliquer aux artisans dans quel sens travailler pour s’inscrire dans les techniques, les connaissances contemporaines à la création de la pièce.

Notre Sainte-Crix, qui a pratiqué l’horlogerie en très petit avec des réglages sur des mouvements dames, se plaît dans la pendulerie. « Là, on peut toucher, sentir et palper sans brucelles ». L’art de la pendulerie dans lequel les Vallonniers brillèrent entre Travers et Les Verrières, lui donne de belles occasions d’exercer sa curiosité, de ne pas s’installer dans la monotonie.

Pas toujours facile de faire comprendre au client qu’une restauration, qui est un vrai travail, a aussi un vrai prix et qu’il n’est pas possible de ne faire qu’un nettoyage. Alors il peut arriver que la pendule reparte intouchée. Oui, pour notre homme il n’y a pas de demi-mesure ! Et son grand plaisir reste de restaurer avec un soin extrême, de faire revivre un objet délaissé et meurtri, parfois même déniché dans une brocante.

La collaboration de Dominique Mouret avec les musées horlogers des Montagnes lors de leur prochaine exposition, s’inscrit dans sa passion des pendules neuchâteloises en résonance avec son credo : « Redonner vie et faire vivre, transmettre ».

Par Benoît Conrath