Rebondir à tout âge

Des solutions pour se (re)faire une place sur le marché du travail

Le Centre de formation horlogère du Val-de-Travers est au service de particuliers, d’entreprises et d’institutions. Il accueille des adultes aux profils variés et tente de les préparer au mieux pour trouver ou retrouver un emploi.

Certaines personnes sont douées en pratique mais échouent aux examens à cause de disciplines superflues pour devenir opérateur en horlogerie. C’est le constat qui a poussé Jean-Hugues Walther, alors enseignant au CIFOM (Centre interrégional de formation des Montagnes neuchâteloises), à fonder le Centre de formation horlogère du Val-de-Travers en 1996, dans sa propre maison. Ce constat est toujours d’actualité.

Charismatique et entier, passionné de hockey sur glace, Jean-Hugues Walther se décrit comme un artiste, heureux de pouvoir compter sur le côté organisé du nouveau directeur, Thierry Ray. Le calme de l’un contraste avec la fougue de l’autre, mais cette complémentarité semble bien fonctionner. «Jean-Hugues est le gardien du temple, son expérience est très précieuse et son regard est important », précise Thierry Ray, qui a auparavant travaillé dans l’enseignement et les ressources humaines. Ce parcours constitue d’ailleurs un avantage puisqu’il sait ce que les entreprises attendent et peut, avec toute l’équipe du centre, accompagner au mieux les élèves en fin de formation dans leur recherche d’emploi.

La finalité est bien là : donner aux apprenants des atouts pour qu’ils s’insèrent dans le monde du travail. Plusieurs ateliers accueillent ces adultes qui viennent de divers cantons et de France, et qui ont des profils variés. Des places sont réservées à ceux qui sont en réinsertion professionnelle, en collaboration avec les offices de l’assurance-invalidité. Certains élèves financent eux-mêmes leur formation et suivent un cursus qui va de 40 à 170 heures. C’est le cas d’Irina Robert-Mudrenko, qui vit à La Neuveville. Après avoir perdu son emploi, elle s’est inscrite en « formation générale en horlogerie », dans l’espoir d’évoluer et de retrouver une place intéressante. Enfin, des entreprises envoient certains de leurs collaborateurs pour suivre des cours sur-mesure.

 Nos formations sont très orientées sur les réalités industrielles, explique Thierry Ray. «Nous avons invité les acteurs locaux à venir découvrir nos installations situées à Fleurier et nos activités ». Le label qualité eduQua que le centre vient d’obtenir est une étape importante. Il devrait lui permettre de former des personnes au chômage. Des cours seront aussi bientôt proposés à ceux qui remplissent des missions temporaires et qui peuvent bénéficier d’une aide financière à la formation. Dernière preuve de l’utilité du centre : des discussions sont en cours avec un grand groupe horloger qui veut mettre l’accent sur le réglage. Fleurier sera donc peut-être le passage obligé pour les futurs régleuses et régleurs des entreprises de ce groupe.

Au Val-de-Travers, il existe d’autres lieux de formation, comme EcoVal, programme d’insertion professionnelle et sociale. À Travers, l’institution propose entre autres un atelier de mise en situation horlogère à des bénéficiaires de l’aide sociale ou de l’assurance-chômage. À Couvet, le Centre neuchâtelois d’intégration professionnelle (CNIP) est actif dans la formation et l’aide à la réinsertion dans différents domaines. En horlogerie, les élèves peuvent notamment se spécialiser dans l’anglage. Selon les responsables du Centre de formation horlogère du Val-de-Travers, ces trois lieux qui accueillent des élèves ont leur raison d’être car ils sont complémentaires.

Par Marylise Saillard