Un angleur indépendant

Bernard Müller

Exigence au quotidien, long travail pour bien faire, pour laisser jouer la lumière dans les mécanismes d’horlogerie.

Sur les composants des montres soignées, il s’agit d’effacer les traces d’usinage et de fabrication puis d’éclairer l’intérieur des mouvements d’horlogerie entre les surfaces mates finies par le décorateur et les chanfreins polis par l’angleur.

Bernard Müller pratique l’anglage au papier depuis 12 ans. C’est la technique la plus difficile. Associés à la lime, les papiers créent des brillances qui s’allument sur le pourtour des pièces. C’est la méthode qui autorise ces fameux angles rentrants, piégeant ainsi la lumière et affinant grandement l’esthétique d’ensemble de la montre.

L’angleur insiste sur le fait que seul le temps de travail donne sa valeur aux composants horlogers qui passent entre ses mains. Avec l’anglage au papier, il n’y a pas moyen de raccourcir le temps, de bluffer ou d’économiser. La pièce terminée parle d’elle-même, elle raconte à l’amateur de haute horlogerie les compétences, la grande rigueur, le soin extrême de l’ouvrier. Il va jusqu’à dire qu’il est possible d’y retrouver la «main» et le style de celui qui s’est penché sur cette pièce très longtemps.

Souhaitant partager ses connaissances, il a formé deux personnes. Généreusement, il a partagé son savoir-faire, ses tuyaux et ses astuces en toute transparence. «Il ne sert à rien d’être bon tout seul!» dit-il. Et en soutenant des jeunes, il voulait convaincre, sensibiliser le plus de monde possible aux vraies finitions soignées et sans clinquant.

Aujourd’hui, il réalise que parfois l’acheteur ne perçoit pas la qualité des finitions qu’il s’efforce de réaliser. Cependant Bernard Müller reste convaincu qu’il s’agit avant tout de ne pas décevoir le propriétaire. En achetant un bel objet horloger, son porteur doit y trouver une finition hors pair.

«La qualité parle d’elle-même!» souligne-t-il. On ne peut que l’approuver en observant les pièces sortant de son atelier de La Côte-aux-Fées.

Par Benoît Conrath