Un canard mandarin voyageur

Le retour d’une montre «chinoise» Bovet.

Témoignage du florissant commerce horloger que le Val-de-Travers entretint au 19e siècle avec l’Empire du Milieu, cette remarquable montre de poche a été créée pour le marché chinois par les frères Bovet établis à Fleurier et à Londres, vers 1835.

Son cadran en émail aux chiffres peints présente, outre les deux aiguilles d’usage, une fine aiguille de secondes au centre, animée par un mouvement à échappement duplex. Lunette, carrure, pendant et bélière sont entièrement décorés d’émail champlevé à motifs floraux. Réalisée selon la délicate technique du grand feu, la peinture sur émail ornant le fond du boîtier révèle un sujet décoratif extrêmement rare: un canard mandarin, «yuãn yãng» en langue chinoise. Cet oiseau sacré, dont le plumage si particulier évoque toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, est en Asie un symbole d’amour et de fidélité.

Adjugée pour le prix record de CHF 400'000.— par la maison de ventes aux enchères Christie’s en novembre dernier à Genève, cette pièce d’exception a pris place au sein des collections privées de Pascal Raffy, propriétaire de la Maison Bovet Fleurier 1822.

Par Ariane Maradan