Un tandem entreprenant

Thomas Laumon et Marie-Agnès Romanzini chez Waeber HMS

Avec Marie-Agnès, les aiguilles qui indiquent le temps qui passe n’ont pas le droit de vieillir. 

Électroplaste, un drôle de nom pour un métier bien connu des horlogers, mais qui n’est pas encore dans les dictionnaires. Il s’agit de recouvrir des pièces métalliques d’un autre métal qui est, lui, inoxydable et qui gardera stable et inchangée la surface de cette pièce.

Ce métier s’applique aussi bien à la boîte, aux aiguilles, au cadran et à beaucoup de composants du mouvement de nos montres.

Marie-Agnès Romanzini a découvert la confection des aiguilles à Fleurier chez Waeber HMS il y a déjà 10 ans et elle a bien vite rejoint l’atelier dit autrefois de galvanoplastie.

En pleine entente avec le directeur technique, Thomas Laumon, elle a choisi de retourner à l’école pour obtenir une attestation fédérale professionnelle d’électroplaste. Dans sa classe au CIFOM, Marie-Agnès a augmenté la moyenne d’âge, avec l’étonnement de voir des jeunes un peu loin des exigences du métier. La redécouverte des devoirs le soir n’a pas été simple. Soutenue par sa famille et ses collègues, elle achève maintenant, au bout de deux ans, sa formation. Elle gagne ainsi en autonomie, acquiert les connaissances de base. Comme le souligne son mentor, d’opératrice exécutant soigneusement un travail, elle est devenue une partenaire à même de dialoguer, d’analyser des problèmes et de rechercher avec lui les solutions. Cette démarche d’amélioration constante, de questionnement, de respect de chacun est menée par tous les collaborateurs, dans tous les ateliers de cette dynamique fabrique d’aiguilles.

Sa profession demande une grande rigueur, de la minutie et comme elle le dit fréquemment « il s’agit d’être à son affaire ». Effectivement, si tout en accrochant l’aiguille, elle bute contre le crochet du bouclard, la pièce est morte. Alors oui, le travail par habitude et la distraction n’ont pas place dans l’atelier!

Vigilance, attention et prudence sont aussi nécessaires dans le maniement des produits. Toutes les étiquettes avec des têtes de mort jaune vif ne sont pas des décorations mais désignent des produits hautement nocifs. Il ne faut pas polluer, non seulement parce que c’est interdit mais surtout par souci de l’environnement, souci partagé entre toutes les personnes de la rue du Levant 17.

Par Benoît Conrath