Urbanisme horloger

L’École d’horlogerie de Fleurier

Sis entre l’avenue Daniel-JeanRichard et la rue de l’École-d’Horlogerie justement nommées, le bâtiment fut inauguré le 1er juillet 1896. Accueillant aujourd’hui le Lycée Denis-de-Rougemont, il a abrité pendant quatre décennies l’École d’horlogerie et de mécanique.

C’est en 1851 qu’est fondée, à Fleurier, la première école d’horlogerie de la République et Canton de Neuchâtel nouvellement proclamée. Rencontrant des difficultés d’ordre divers, l’institution fleurisane, financée par l’industriel Édouard Vaucher, ferme toutefois ses portes dix ans plus tard. Il fut même envisagé de transformer en hôpital l’immeuble situé au Pasquier.

Dans les années 1870, un quart environ de la population de Fleurier travaille dans le domaine de l’horlogerie. En plein essor industriel, le village doit préparer le délicat passage du système de l’établissage à celui des fabriques. Il a besoin d’une main-d’œuvre qualifiée, maîtrisant théorie et pratique et ayant suivi une formation au sein d’un établissement spécialisé : sur l’initiative de la municipalité une deuxième école voit le jour en 1875.

À cette école d’horlogerie s’adjoindra, quelque vingt ans plus tard, une école de mécanique. On construit alors le bâtiment figurant sur notre carte postale, typique de l’architecture industrielle qui se développe à cette époque. Un solide édifice, à l’image de la volonté des Fleurisans de conserver leur importante place au sein de l’industrie horlogère neuchâteloise.

Le rez-de-chaussée est sans doute réservé aux espaces administratifs et au logis du concierge alors que les salles de classe et les ateliers sont situés dans les étages supérieurs. Car le travail à l’établi exige un maximum de lumière naturelle, comme en témoignent les larges baies vitrées dont disposent ces deux niveaux. Garant de la tradition, l’imposant portique formant la travée centrale est orné de chapiteaux ioniques. Quant à l’oculus du fronton, il semble attendre indéfiniment le cadran d’une horloge publique…

Sources: Anne-Marie Cruchaud - « École d’horlogerie Fleurier » - In Dix écoles d’horlogerie suisses : chefs-d’œuvre de savoir-faire - Sous la direction d’Estelle Fallet et Antoine Simonin - Editions Simonin, Neuchâtel, 2010, pp. 353 à 388.

Par Ariane Maradan